Jo, Coeur de Louve

31 juillet 2016

La boite à souvenirs

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 Image: fr.freepik.com

 

 

 

La boite à souvenirs

 

 

J’ai ouvert aujourd’hui une boite à souvenirs
J’y garderai rangés vos mots, vos joies, vos rires
Je l’emplirai chaque jour de mes meilleurs moments
Des mémoires venues d’un passé insouciant

Tout au fond de mon cœur, je la conserverai
À l’abri des frayeurs et des noires idées
J’y mettrai votre vie et tous vos paysages
La beauté que reflète chacun de vos visages

J’enchanterai mes oreilles de vos sons, de vos bruits
J’éblouirai mon cœur de vos mille symphonies
Célébrerai chaque seconde, chaque minute de vie
Dans la joie, la présence et l’amour des amis

J’y mettrai tout cela, comme les plus fins joyaux
Mes amours, mes chagrins, mes instants les plus beaux
Dans ma boite jolie, mon plus précieux bagage
Le seul que je prendrai, au jour du grand voyage

 

 

                                                        Jo (Louve)

 

 

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02 février 2016

La Louve et la liberté

 

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 Image: Collin Bogle

 

 

La Louve et la liberté

 

 

Aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres. La Louve le savait. Elle l’avait senti dès qu’elle avait ouvert les yeux. Il faisait frais, l’air était vif et le soleil rouge en se levant sur le St-Laurent avait explosé à pleins feux. Un jour comme elle les préférait.

«Ah! Courir le nez au vent jusqu’au bout de la terre!»

Si seulement, elle avait pu. Six longs mois qu’elle était enfermée ici, dans cette cage.

Elle avait été blessée. Une entaille profonde au creux du ventre. Beaucoup de liquide avait coulé, une flaque rouge s’était lentement élargie devant elle. Elle était restée plusieurs jours couchée sur son flanc, terrassée par la douleur, la faiblesse et la peur. Puis quelqu’un était venu. On l’avait emmenée.

En revenant à elle, plusieurs jours plus tard, elle s’était retrouvée enfermée. Ici. Au début, elle s’était rebellée. Elle avait mordu de toutes ses forces dans les barreaux de fer, s’était jetée contre la porte de sa prison de toute sa puissance, encore et encore, des centaines de fois. Avec une seule pensée en tête : "Détruire cette cage et sortir!" Retourner à la vie là dehors, à sa meute et à sa chère forêt.

Il lui avait fallu un certain temps avant de réaliser. À intervalles régulier, quelqu’un venait nettoyer sa blessure et refaire son pansement. On la nourrissait. Et même qu’on la cajolait. Elle avait pu sentir leur bonté d’âme à travers les bons soins qu’on lui prodiguait. Il lui arrivait souvent de sortir la patte à travers les barreaux pour les remercier d’une caresse. Elle était là pour son bien.

Puis jour après jour, semaine après semaine, lentement, la plaie s'était refermée. Sa blessure avait guéri.

Ce matin au réveil, elle se sentait dans une forme superbe, une énergie nouvelle courait dans ses veines. C’était un jour spécial. Un grand jour. Fébrile, elle marchait, tournant et retournant entres les barreaux. Son cœur palpitait d’anticipation. On avait transporté sa cage à l’orée du bois.

Aujourd’hui, la préposée, au lieu des bandages habituels, avait apporté une clé. La clé du gros cadenas d'acier qui la gardait prisonnière. Un déclic et la porte s’était ouverte. Toute grande.

D’un seul bond, elle s’était enfuie à toutes jambes. Elle avait couru durant des heures, le sang lui battant les tempes, le cœur gonflé de joie. Elle était forte. Elle était La Louve et elle était vivante.

Prenant une grande inspiration, elle emplit ses poumons de l'air frais du jour naissant, puis rejetant la tête en arrière, elle poussa vers le ciel un long hurlement, un cri venu du plus profond de son cœur de louve, infiniment puissant et que l'écho reprit avec elle.

Elle était libre!

 

 

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Jo (Louve)

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20 décembre 2015

Joey, le lutin qui n'aimait pas Noël

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 Image: Frank Bérubé. com 

 

 

Joey, le lutin qui n’aimait pas Noël

 

 

« Moi, je déteste Noël !!!

Tout au long de l’année, je travaille comme un forcené pour fabriquer toutes sortes de jouets. Avec mes camarades, nous les chargeons dans le grand traineau et puis en décembre, pffff !! Voilà qu’on nous envoie parmi les gens, dans des familles, avec des parents qui font en notre nom, tout plein de méchants tours. Les enfants croient que nous sommes vilains. C’est très ennuyeux.

Ah! Comme j’ai hâte que tout ça soit enfin terminé.

Moi, j’aurais voulu être dentiste. J’aurais eu de beaux instruments tout en argent et de belles chaises confortables où j’aurais reçu plein de clients. J’aurais donné des cadeaux aux enfants et j’aurais soigné leurs dents. Là, j’aurais été utile.

Mais je suis un lutin, aucune utilité. La plupart des gens ne croient même pas que j’existe. Pour eux, je ne suis qu’une poupée de chiffon. On ne s’intéresse à moi que vers le temps des Fêtes et on croit que je suis malfaisant et que je ne sers à rien d’autre dans la vie, qu’à faire des coups pendables.

Non, moi j’aime pas Noël et j’aime pas être un lutin.

J’aurais voulu être un docteur. J’aurais eu un bel habit tout blanc et autour du cou un stéthoscope tout brillant. J’aurais été quelqu’un de très important. Toute la journée j’aurais soigné les gens malades et soulagé leur douleur. J’aurais fait du bien autour de moi.

Mais je suis un lutin. Je suis tout échevelé, avec des habits sans formes et de toutes les couleurs. Je ne fais rien d’important. On croit que je ne suis bon qu’à faire de mauvaises blagues. Je ne sers à personne. »

Joey, le petit lutin pleurait sa mauvaise fortune, tout seul, recroquevillé à travers les balais, dans un coin de de la penderie où on le dissimulait durant la journée.

Il était dans cette famille depuis plus de deux semaines. À l’insu des enfants, on avait volé des biscuits, vidé tous les tiroirs, mangé les chocolats, renversé du sucre et de la farine sur le plancher, bien entendu, en simulant ses traces et l’accusant de tout. Les grands riaient et s’amusaient fort de leurs supercheries puis le retournait dans son armoire avant le lever du soleil, laissant croire aux plus jeunes qu’il s’était enfui et qu’il se cachait après avoir fait toutes les bêtises dont on le blâmait. Les enfants eux, le prenant assurément pour un goinfre, un maladroit et un détestable personnage, devaient le chercher partout afin de le sermonner vertement. Il aurait bien voulu que ceux-ci le découvrent, ainsi tout se serait enfin arrêté, mais peine perdue, les enfants ne s’approchaient pas du placard. Il avait beau guetter tout le jour, attendre le moindre signe, un son, un rire, un éclat de voix, rien ne bougeait dans l’armoire à balais.

C’était la veille de Noël. Tout était calme dans la maisonnée. Tous dormaient à poings fermés en rêvant au lendemain. Minuit venait de sonner à la grande horloge lorsque Joey fut réveillé tout à coup par un bruit étrange. On marchait sur le toit! Il retint son souffle histoire de ne rien manquer de la visite nocturne. Il y eut un mouvement dans la cheminée. C’était le Père Noël! Joey le reconnût. Il s’agrippa vivement au trou de la serrure pour observer la scène. Il vit le bon vieillard dans son habit carmin, garnir en souriant, le pied du grand sapin. Il y mit des bonbons, des jouets, des peluches et des paquets brillants aux mille couleurs vives. Satisfait de son œuvre, il prit une bouchée des quelques biscuits qu’on lui avait laissés et but à grandes gorgées le verre de lait frais qui les accompagnait. Puis se frottant la bedaine, il lui fit un clin d’œil et le doigt près de son nez, aussitôt disparût par le même chemin d’où il était venu.

Au matin, on le sortit de son placard encore émerveillé de ce qu’il avait vu. On l’assit bien en vue parmi tous les cadeaux d’où il attendit, curieux de les voir enfin, les enfants du foyer.

D’enfants, il n’y en avait qu’un, au corps tout difformé, sanglé dans une chaise qu’il menait d’une main. Voilà pourquoi la porte du placard ne pouvait être ouverte et que le petit n’aurait su l’y trouver. Dès que l’enfant aperçu le lutin, délaissant les bonbons, les joujoux, les présents, il roula le fauteuil vers lui à toute allure et fit signe à sa mère de bien vouloir venir. Celle-ci plaça la poupée sur les genoux de son fils qui aussitôt se mit à rire de tout son petit cœur. Le rire de l’enfant, tel mille grelots, explosait en cascade comme un grand feu de joie. Il prit entre ses mains le lutin tout ému et le serrant très fort, le mit contre sa joue, rayonnant de plaisir.

Joey comprit alors que durant ces quelques jours, tous les mauvais tours qu’on lui avait fait jouer, avaient fait le bonheur de ce petit garçon. Qu’il n’aurait pas pu faire autant de bien, eût-il été dentiste ou docteur ou tout autre. Personne d’autre que lui, en ces jours de magie, n’aurait pu apporter tant de joie au cœur de cet enfant.

Il sut que plus jamais de sa vie il ne souhaiterait être quelqu’un d’autre que celui qu’il était. Et il se sentit enfin heureux.

Les yeux fermés, encore collé contre la fraîche joue, il se dit en lui-même, « Ah! Comme je suis content d’être un lutin! Ah! Qu’est-ce que j’aime ça moi, Noël! »

 

                                                                                                                        

                                                                                                                                                                                                                                 Jo (Louve)

 

 

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