19 mars 2008
Un Peuple à effacer
Image: culture-amerindien.com
Un peuple à effacer
Tuer l'Indien au coeur de l'enfant
Décembre 1962
La grande auto noire s'était enfin arrêtée après avoir roulé des heures. Sur la banquette arrière une petite fille de 5 ans à peine, le nez collé à la vitre, ouvre de grands yeux ébahis sur l'énorme bâtiment de pierres. De toute sa vie, elle n'a jamais vu de maisons aussi grandes. La portière s'ouvre et l'homme lui sourit en lui faisant signe de descendre. Il lui prend la main pour la conduire à la porte de l'institution.
Son petit cœur bat très fort dans sa poitrine, elle ne sait pas ce qu'elle vient faire ici parmi tous ces étrangers, ni ce qu'on attend d'elle. Elle observe cet inconnu qui est venu les visiter dans sa maison ce matin, avec ses habits de toile tout neufs et son odeur sucrée. Il avait parlé dans la langue des blancs. Les hommes avaient discuté très fort et les femmes avaient pleuré. Puis sans un mot d'explication, on l'avait habillée et emmenée.
La religieuse qui vient leur ouvrir la regarde à peine alors que l'homme la pousse à l'intérieur puis s'en retourne aussitôt. Elle reste là avec cette dame inconnue toute vêtue de noir qui s'adresse à elle dans une langue qu'elle ne comprend pas et qui lui fait peur. Elle se met à pleurer. Elle voudrait retourner chez-elle avec les siens.
Mais sans l'écouter, on lui enlève ses vêtements, on la lave, on coupe ses cheveux, on lui passe une tunique empesée et froide dans laquelle elle se sent inconfortable. Lorsqu'à la fin, on la laisse pour la nuit dans la grande salle remplie de petits lits et de couchettes en rangées serrées, tremblante de peur et de frustration, elle n'a plus qu'une seule idée: s'enfuir très loin d'ici et retourner chez-elle.
Il y a 45 ans de cela. Elle n'est toujours pas rentrée…
C'est à travers des souvenirs rendus un peu flous par le nombre des années, les souvenirs de la petite fille confuse et effrayée que j'étais alors, que je raconte aujourd'hui cette histoire. Ainsi ce jour-là, j'avais été officiellement inscrite à la "crèche" de Gaspé, pour y être adoptée: je ne retrouverais plus jamais ma culture, je ne reparlerais plus ma langue, je ne serais plus jamais en contact avec mes racines. Mais pour moi contrairement à ce qui est arrivé à des centaines d'autres enfants amérindiens, l'assimilation se ferait sans les sévices et les menaces avec lesquels, eux, devaient vivre tous les jours dans les pensionnats indiens, sans les punitions et les humiliations qu'ils devaient y subir. Dans mon cas, effacer l'indien de mon cœur pourrait se faire sans violence et même avec douceur, par l'adoption.
Mes parents étaient décédés et bien qu'un oncle m'ait recueillie pour m'élever sur la réserve avec notre famille, l'agent du ministère est venu me prendre chez-moi ce jour-là. Il avait dû être fort content de son travail, grâce à lui on aurait réussi à civiliser une petite sauvageonne de plus !
Il avait presque raison. Dès le lendemain de mon arrivée chez les religieuses, j'ai accroché d'abord par un coin de son manteau à lui et ensuite par un coin de leurs cœurs, un couple de Québécois qui passaient tout près de mon lit. Ils ont été des parents adoptifs extraordinaires, faisant l'impossible pour me donner tout ce qu'un enfant peut désirer: une bonne éducation, beaucoup d'attention et tout leur amour. J'ai été bien élevée, j'ai grandi comme n'importe quelle petite fille blanche de mon entourage et j'en ai reçu tous les privilèges. Oh oui, j'ai vraiment eu beaucoup de chance.
Pourtant, je n'ai jamais oublié un seul instant mes racines autochtones. Plongée du jour au lendemain dans une culture qui m'était totalement étrangère et dans laquelle j'étais montrée du doigt comme un animal de cirque, j'ai commencé par me révolter, vouloir m'enfuir, puis, je n'ai pas eu le choix d'apprendre à imiter ceux qui m'entouraient et qui malgré tout, même malgré moi, m'aimaient comme leur propre enfant. Peu à peu, les traces de mon identité algonquienne ont commencé à s'estomper, du moins en apparences, et bientôt, il n'en paraissait presque plus rien. Extérieurement l'indienne s'était tue mais dans sa tête et dans son cœur résonnaient encore et toujours, les tambours.
Durant toute mon enfance et mon adolescence, j'ai cherché à retrouver ces racines qu'on avait voulu m'arracher, j'ai recherché cette identité perdue, dans les livres, les magazines, les journaux, les documentaires partout où on parlait des miens, partout où je pouvais. Mais les informations étaient déguisées, blanchies, filtrées à travers des regards qui ne comprenaient pas les choses qu'ils voyaient ou les gens dont ils essayaient de parler et mes questions sont restées muettes faute de savoir à qui les poser.
Aujourd'hui c'est avec consternation et tristesse que je réalise que ces racines que j'ai tant cherchées, je ne les retrouverai jamais intactes et que mes questions demeureront probablement sans réponses. La culture algonquienne est bien différente aujourd'hui de ce qu'elle était autrefois.
Depuis toujours la tradition amérindienne a été transmise de façon orale à travers les rêves, les contes et les légendes, à travers la parole des anciens. En retirant les enfants de leurs familles, en les privant de leur langue et de leur mode de vie, on les privait non seulement de leur passé mais aussi de leur avenir. Quand, après le pensionnat, ils rentraient finalement chez eux, comment leur était-il possible alors d'évoluer et de s'épanouir au milieu des leurs? Ceux-là même que durant tant d'années, on leur avait enseigné à mépriser? Comment vivre au sein d'une culture dont ils avaient appris à avoir honte? Comment apprendre des parents et des anciens, si on ne parle même plus le même langage?
De même, en éloignant les parents de leurs enfants, en les privant de leur rôle d'éducateurs, de leurs rôles de parents, on leur enlevait leur dignité.
Dans un reportage télévisé sur les pensionnats, il y a quelque temps, on citait un des responsables de l'époque: " L’objectif avoué de l’éducation est d’opérer une transformation radicale : il faut « tuer l’Indien au cœur de l’enfant ». En réalité, messieurs les agents du ministère, vous n'avez jamais réussi à tuer l'Indien au cœur des enfants, c'est toute leur fierté que vous avez tuée. La fierté d'être ce qu'ils étaient, des êtres humains d'une culture différente.
Délaissé par ses propres enfants, le peuple algonquien blessé se vide lentement de son essence, de son sang.
Aujourd'hui, parqués dans des réserves où les logements sont trop petits et pas assez nombreux, ils vivent dans des conditions d'insalubrité et de pauvreté extrêmes, noyés dans l'alcool et la drogue, brisés par la violence et par les cas de plus en plus nombreux de suicide, ils ont perdu espoir. Leur culture morcelée, atrophiée, n'existe pratiquement plus. Pour eux, une seule issue: oublier. Oublier ce qu'ils ont été. Oublier surtout ce qu'ils sont devenus. Oublier qu'au-delà des limites de la réserve, il y a tous les autres, riches, soi-disant civilisés, fiers habitants d'un pays qui se veut ouvert au monde et aux autres cultures. Tous ceux qui les regardent dépérir sans faire le moindre geste. Tous les autres qui savent et qui pourtant gardent le cœur et les yeux désespérément fermés.
Louve.
(Texte publié dans le journal "Le Jumelé" édition Hiver 2008)
17 mars 2008
Le cercle de vie

Image: Proctic.net
Paroles des Anciens
Le cercle de vie
« Vous avez remarqué que l'Indien fait tout en suivant un cercle, et cela parce que les forces du monde procèdent toujours par cercles et que chaque chose tend vers la rondeur.
Autrefois, quand nous étions un peuple fort et heureux, nous tirions tout notre pouvoir de l'anneau sacré, qui nous garantissait la prospérité tant qu'il restait intact. En son centre, l'arbre en floraison se nourrissait du cercle aux quatre quadrants. L'est apportait la paix et la lumière, le sud la chaleur, l'ouest la pluie et le nord, avec le froid et les grands vents, la force et l 'endurance. Cette connaissance nous a été transmise du monde extérieur par notre religion.
Les forces du monde agissent toujours en cercle. Le ciel est arrondi et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une boule, et les étoiles aussi. Le vent, quand il souffle avec force, tourbillonne. Les oiseaux construisent leurs nids en rond, car ils pratiquent une religion identique à la nôtre. Le soleil décrit un cercle au-dessus de nous. La lune fait de même et les deux astres sont ronds. Même les saisons forment un grand cercle en se succédant dans un ordre immuable. La vie humaine est aussi un cercle menant de l'enfance à l 'enfance, et il en est ainsi de tout ce qui est animé. Nos tipis étaient ronds comme des nids d'oiseaux et disposés en cercle, anneau de la nation, le nid des nids où, selon la volonté du Grand Esprit, nous élevions nos enfants.»
( Black Elk Conseiller spirituel des Sioux Oglala en 1930 )
21 septembre 2007
Dire Merci

Image: Indien.nexenservices.com
Quand tu te lèves le matin,
remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force.
Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre.
Si tu ne vois pas de raison de remercier,
la faute repose en toi-même.
Tecumseh (chef des Shawnees)
18 septembre 2007
Un peuple sans loi

Image: indien.nexenservices.com
Nous étions un peuple sans loi,
mais nous étions en très bons termes
avec le Grand Esprit,
créateur et maître de toutes choses.
Vous Blancs,
présumiez que nous étions sauvages.
Vous ne compreniez pas nos prières.
Vous n'avez pas essayé
de les comprendre.
Quand nous chantions nos louanges
au soleil, à la lune ou au vent,
vous disiez que nous
adorions des idoles.
Sans nous comprendre,
vous nous avez condamnés
comme des âmes perdues,
simplement
parce que notre culte
était différent du vôtre.
Nous voyions la main du
Grand Esprit dans presque tout :
soleil, lune, arbres, vent et montagnes.
Parfois, nous l'approchions
à travers toutes ces choses.
Était-ce si mal ?
Je pense que nous croyons
sincèrement en l'Être suprême ;
d'une foi plus forte que celle de bien
des Blancs qui nous ont
traités de païens..
Les Indiens qui vivent près
de la nature ne vivent
pas dans l'obscurité.
Saviez-vous que les arbres parlent ?
Ils le font, cependant.
Ils se parlent entre eux et
vous parleront si vous écoutez.
L'ennui, c'est que
les Blancs n'écoutent pas.
Ils n'ont jamais appris
à écouter les Indiens,
aussi je doute qu'ils écoutent
les autres voix de la nature.
Pourtant, les arbres m'ont
beaucoup appris :
tantôt sur le temps,
tantôt sur les animaux,
tantôt sur le Grand Esprit.
Tatanga Mani ou Walking Buffalo,
indien stoney (1871-1967)
13 septembre 2007
Nous sommes Amérindiens
Image: indien.nexenservices.com
Nous sommes Amérindiens!
Dans nos yeux, la fierté d'un grand peuple
Dans nos coeurs, le souvenir des grandes chasses
À travers vos machines et votre tintamarre
Nous n'entendons plus parler le vent
Nous marchons sur une Terre
Que nous ne reconnaissons plus.
Nous étions un grande Nation
Nous ne sommes plus que l'ombre de nous-mêmes....
Louve
26 juin 2007
La Vie

Image: Denton Lund
Qu'est-ce que la vie ?
C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit.
C'est le souffle d'un bison en hiver.
C'est la petite ombre qui court dans l'herbe
et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef Blackfeet
20 juin 2007
Les Mi'kmaq

Texte et image tirés du site: indien.nexenservices.com
Les Mi'kmaq
Les Amérindiens de la Nouvelle-Écosse font partie du peuple Mi'kmaq. Aux XVIe et XVIIe siècles, à l'époque de l'arrivée des Européens, ils habitaient la région qui comprend aujourd'hui les provinces Maritimes et la Gaspésie. Plus tard ils se sont établis également en Nouvelle-Angleterre et à Terre-Neuve. Les Mi'kmaq eux s'appelaient L'nu'k, «le peuple». Le mot Mi'kmaq vient de leur mot nikmak, «mes amis-parents».
L'habitation
Le mot «wigwam» vient de wikuom, mot mi'kmaq pour «habitation». D'ordinaire c'était les femmes qui construisaient le wigwam, presque toujours dans une journée. La base ou charpente de la construction consistait en cinq perches d'épinette attachées au sommet avec des racines d'épinette et étalées à la base. On plaçait un cerceau de bois d'alisier juste au-dessous du sommet pour renforcer ces perches et on y attachait d'autres plus courtes pour mieux soutenir le poids de l'écorce de bouleau. Ensuite, partant du bas, on posait sur la charpente des bandes d'écorce, mesurant à peu près 0,5 m par 1,5 m, les superposant comme des bardeaux. Finalement on plaçait dessus d'autres perches pour retenir l'écorce en place. Le sommet du wigwam restait ouvert pour permettre la fumée du foyer de s'échapper et, s'il faisait mauvais temps, on le couvrait d'un collet d'écorce. À l'intérieur le wigwam était tapissé de brindilles de sapin, de nattes tissées et de fourrures, et une grande peau servait de porte. L'extérieur du wigwam était décoré de dessins d'animaux et d'oiseaux. Les plus grands wigwams pouvaient accommoder de douze à quinze personnes; si la famille était plus nombreuse on construisait un wigwam plus long avec deux foyers.
Le mot tipi, qui vient d'une autre langue amérindienne et qui signifie plutôt une tente couverte de peaux d'animaux, n'a jamais fait partie du vocabulaire des Mi'kmaq. L'écorce de bouleau servait admirablement de couvert car c'était une matière à la fois étanche et portative. Lorsque la famille se déplaçait elle portait avec elle les bandes d'écorce.
Le costume
Les vêtements des Mi'kmaq était faits de peaux de mammifères, d'oiseaux et de poissons. Ces peaux, fumées, tannées à l'aide de cervelles d'animaux et de foies et graisses d'oiseaux, étirées et bien travaillées, produisaient des fourrures et des peaux splendides que l'on pouvait ensuite coudre facilement. Des poinçons en os servaient à percer les peaux; le fil était de fins filaments de tendons animaux.
Au XVIIe siècle, et sans doute plus tôt, les vêtements masculins comportaient une ample robe de fourrure ou de peau portée en couverture sur les épaules, ouverte devant et tombant sur les genoux. Des jambières en peau d'orignal, de caribou ou de peau de phoque étaient attachées à la hanche à une gaine de cuir à laquelle était aussi attaché un pagne de peau très souple. L'ensemble était complété de mocassins en peau d'orignal ou de phoque, une blague à tabac et d'accessoires divers.
Les femmes portaient des robes semblables portées drapées sous les bras comme un drap de bain. Des lanières de cuir sur les épaules faisaient office de bretelles. Ces robes étaient serrées à la taille et tombaient sous les genoux. Hommes et femmes portaient souvent une paire de «manches» en fourrure ou en cuir, ressemblant à deux moitiés d'un boléro coupé au milieu, les deux moitiés attachées ensembles au milieu du dos et du devant. Les femmes portaient également des jambières et des mocassins ainsi qu'une blague à tabac. Leurs bébés étaient emmaillotés dans les peaux les plus douces, renard, duvet de cygne et d'oie, tandis que les enfants portaient des costumes adultes en version réduite.
Leurs vêtements étaient décorés de motifs géométriques et de silhouettes d'oiseaux, de bêtes, et d'hommes. La peinture était faite à base d'ocres rouges et jaunes, de charbon de bois ou de coquillages broyés mélangés avec des œufs de poissons ou des jaunes d'œufs d'oiseau. Pour se peindre le corps les Mi'kmaq mélangeaient les colorants avec des graisses animales. Des dents et griffes d'animaux, des os travaillés et des piquants de porc-épic étaient cousus sur les vêtements. Parfois des plumes étaient utilisées en décoration: un homme, par exemple, pouvait porter une aile d'oiseau de chaque côté de la tête. Des racines, de l'écorce, des feuilles et des fleurs fournissaient les teintures pour les piquants.
Après l'arrivée des Européens les Mi'kmaq ont troqué des fourrures et de la viande contre des étoffes, des rubans et des perles. Les femmes ont réussi à décorer les étoffes de piquants et de poils d'orignal et à incorporer les rubans et les perles dans des motifs traditionnels comme la double courbe, qui jusqu'alors avait apparut peinte sur cuir.
Dès le XIXe siècle le costume de la femme Mi'kmaq comportait une jupe de laine et un chapeau pointu perlé, et celui de l'homme un pardessus modelé sur l'uniforme militaire européen de l'époque.
Les outils et appareils
Avant l'arrivée des Européens les Mi'kmaq avaient perfectionné des techniques pour fabriquer tout ce dont ils avaient besoin. Ils utilisaient toutes les parties des animaux et des oiseaux qu'ils abattaient, leurs os, défenses, dents, griffes, plumes, poils, piquants, fourrure et peau. L'argile, le cuivre à l'état natif et la pierre servaient, à leur tour, à couper des arbres (dont ils utilisaient aussi les racines et l'écorce) et à tailler le bois; un dent de castor produisait un taillage plus fin. Certaines pierres extrêmement dures, comme la calcédoine, leur donnaient des pointes de lance et de flèche pour la chasse et couteaux et grattoirs pour le dépeçage du gibier. (Si l'on frappe la calcédoine d'une façon particulière elle se divise en des lamelles aiguës comme un rasoir, à tranchant très durable.) Ils façonnaient des harpons en os pour la chasse à l'esturgeon et au marsouin, et des pointes en os pour les fouines à prendre des poissons et des anguilles. Les poinçons, les outils à peindre et les aiguilles à coudre étaient également en os. Le cuivre servait parfois à en faire des aiguilles et des hameçons. D'habitude c'était les hommes qui fabriquaient ces outils. Ils façonnaient également des portes-bébés, des toboggans et des armatures de raquettes ainsi que des pipes en pierre, en os, en écorce, en bois et même en pince de homard.
En plus de la confection des vêtements les femmes Mi'kmaq tissaient des paniers, des sacs et des nattes en joncs, en écorce de cèdre et de tilleul, en foin d'odeur et en chanvre. La diversité du tissage et la variété des couleurs ont frappé les premiers colons. Il se peut qu'elles façonnaient aussi des paniers avec de longues pousses d'arbres ou de tiges de plantes parce que les Mi'kmaq utilisaient des nasses semblables pour prendre des poissons. Ils enfonçaient des perches dans le fond d'une rivière, y entrelaçaient des branches pour barrer le cours d'eau, et obligeaient les poissons ou les anguilles à entrer dans le piège.
Au cours du XVIIe siècle les femmes Mi'kmaq ont commencé à fabriquer des objets d'artisanat pour le marché européen dont des exemples de l'ouvrage distinctif des Mi'kmaq, où des centaines de piquants de porc-épic teints en des couleurs vives forment des mosaïques sur de l'écorce. L'on insère les deux bouts du piquant dans des trous percés dans l'écorce mouillée, qui se contracte autour des extrémités, maintenant le piquant fermement en place. L'écorce décorée servait ensuite à la fabrication de boîtes, de panneaux pour meubles et d'autres objets du goût européen. Elles fabriquaient aussi des paniers de diverses sortes dont la plupart étaient en éclisses de bois colorées de façon à les rendre aussi jolis que ne l'étaient les vieux paniers de jonc. Ces paniers jouirent d'une vogue énorme chez les Européens. Elles vendaient en outre des ouvrages perlés et en appliqué des couvre-théières, des bourses et des gilets pour homme dont on peut voir aujourd'hui de magnifiques exemples dans certains musées.
Le transport
Le fond du canoë mi'kmaq était plus large que d'ordinaire et avait une courbe au centre du plat-bord et aux deux extrémités. Cette forme distinctive permettait aux Mi'kmaq de naviguer au large de la côte, dans des cours d'eau peu profonds et même dans des rapides. Le canoë était construit d'écorce de bouleau étendue sur une légère ossature de bois. La longueur variait de 3 m à 8 m. Un petit canoë pouvait tenir un chargement de centaines de kilos et pourtant était si léger qu'une personne était capable de la porter.
La raquette est une invention amérindienne. La forme et le tissage variaient selon la consistance de la neige. Les Mi'kmaq construisaient aussi des traîneaux pour tirer des poids lourds sur la neige; ce traîneau s'appelait un toboggan.
La nourriture
Les Mi'kmaq passaient toute l'année sur la côte, à part de quelques six semaines, jouissant de la nourriture abondante de la région. Cette nourriture consistait de toutes sortes de poissons, dont le saumon et l'esturgeon, de marsouins, de baleines, de morses, de phoques, de homards et d'autres crustacés, de calmars, d'anguilles et d'oiseaux de mer et leurs œufs. Ils chassaient aussi l'orignal, le caribou, le castor, le porc-épic et des animaux plus petits, comme l'écureuil. En été, ils mangeaient des baies, des racines et des plantes comestibles. Ils séchaient et fumaient les viandes et les poissons pour les conserver.
Les loisirs
Les Mi'kmaq s'amusaient à se raconter des contes et histoires. Souvent les récits continuaient pendant plusieurs jours entremêlés de chansons, de danses et de festoiements. Tout le monde fumait. Leur tabac était un mélange d'écorce de saule, de feuilles du raisin d'ours et d'un tabac sauvage de la région. Ils aimaient beaucoup les jeux de hasard dont un, le jeu de dés waltes, est encore populaire aujourd'hui, et ils s'adonnaient également aux concours de courses à pied, de luttes et de tir et à des jeux à la balle.
La langue
La langue des Mi'kmaq appartient à la famille linguistique de l'algonquien. Elle est riche et descriptive. Le mot pour le mois de mai, par exemple, Tquoljewiku's, signifie «lune de la grenouille qui croasse», et le mois de février, Apiknajit, «la neige aveuglante». Quelques noms de lieux d'origine mi'kmaq existent encore dans la région dont Shubenacadie, Whycocomagh, Malagash, Pugwash, Merigomish, Musquodoboit. Un certain nombre de Mi'kmaq parlent toujours la langue.
06 juin 2007
Prière Ojibwa

Image: indien.nexenservices.com
Ô Grand Esprit,dont j'entends la voix dans les vents et dont le souffle donne vie à toutes choses, écoute-moi.
Je viens vers toi comme l'un de tes nombreux enfants; je suis faible ... je suis petite ... j'ai besoin de ta sagesse et de ta force. Laisse-moi marcher dans la beauté, et fais que mes yeux aperçoivent toujours les rouges et pourpres couchers du soleil. Fais que mes mains respectent les choses que tu as créées, et rends mes oreilles fines pour qu'elles puissent entendre ta voix.
Fais-moi sage, de sorte que je puisse comprendre ce que tu as enseigné à mon peuple et les leçons que tu as cachées dans chaque feuille et chaque rocher. Je te demande force et sagesse, non pour être supérieur à mes frères, mais afin d'être capable de combattre mon plus grand ennemi, moi-même.
Fais que je sois toujours prête à me présenter devant toi avec des mains propres et un regard droit. Ainsi, lorsque ma vie s'éteindra comme s'éteint un coucher de soleil, mon esprit pourra venir à toi sans honte.
16 mai 2007
Cercle de Vie

Le cercle sacré de la vie
Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion est la même que la nôtre. Le soleil s'élève et redescend dans un cercle. La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre. Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient. La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut.
Elan Noir, indien sioux oglala
Chez les Amérindiens on fait tout dans un cercle. C'est le cercle sacré de la vie.
Les nations autochtones ont une spiritualité bien vivante qui repose sur la communion profonde de l'humain avec la vie animale, la nature et la Terre. Cette spiritualité est une expérience millénaire dans laquelle tout est sacré, tant la vie que les liens avec la faune, la flore et l'environnement. Le point de départ de cette spiritualité est le grand cercle.
Le cercle représente l'élément de base de la spiritualité autochtone. Commun à de nombreuses sociétés traditionnelles amérindiennes, le cercle constitue une approche globale de la compréhension de la vie et des êtres vivants. Dans le cercle, tous les éléments de la création, soit les humains, les animaux, les plantes, l'air, le feu, l'eau, la terre, les étoiles, etc., forment un tout indivisible. Il n'existe aucune suprématie d'un élément sur un autre. Tous sont sur un même pied et une chaîne infinie de relations unit tous ces éléments égalitaires.
Dans la pensée circulaire, tous les éléments, les humains, les animaux et les morts, vivent une constante interaction. Entre ces éléments, la recherche de l'équilibre et le maintien de l'harmonie deviennent des préoccupations de tous les instants qui orientent et conditionnent la vie et les actions de tous. Tout doit être mis en oeuvre pour atteindre et conserver cet équilibre, car la survie et le bien-être de chacun en dépendent. Chacun est moralement responsable de l'autre et de son bien-être. Tous les éléments du cercle, étant issus de la grande volonté créatrice, sont formés de la même substance vitale. Il n'y a, par le fait même, aucune différence entre les éléments. Chaque être, chaque forme de vie, chaque élément du cercle possède une âme, ce qui place tout et tous sur un pied d'égalité. Dans ce contexte de recherche d'équilibre et d'harmonie, chacun doit manifester une solidarité sans faille avec les autres éléments du cercle, qu'ils soient humains ou non, à cause de cette responsabilité du bien-être de tous et de chacun.
Selon la tradition, les Autochtones estiment qu'ils doivent faire preuve de partage, de respect, d'humilité et d'honnêteté. Ces valeurs inhérentes au cercle ne peuvent être dissociées, car elles sont essentielles pour le maintien de l'équilibre et de l'harmonie. L'Amérindien n'est pas sur Terre pour dominer la création, mais pour témoigner de l'infinie sagesse du créateur de l'univers et pour vivre en harmonie avec les êtres.
Dans le cercle, l'individu doit faire preuve de partage et d'une générosité peu commune avec les autres entités. C'est là un trait du mode de vie traditionnel des nations. Cette attitude de solidarité, de générosité et de respect sera perceptible envers le non-humain et envers l'environnement, pour qui l'humain fera preuve de beaucoup de vénération. Comme les autres êtres de la création contribuent au bonheur, à la subsistance, à l'éducation, et au bien-être de l'homme, celui-ci se doit de leur rendre hommage et de les remercier au moyen de rituels et d'offrandes généreuses.
Le cercle sacré est la base de toute la spiritualité des Premières Nations...
Merci d'avoir pris le temps.
Bonne journée à tous...



