27 mars 2008
Paix sur la Terre
Un chant pour la Paix.
À Michèle... patience... courage... espérance...
2008. Difficile à croire lorsqu'on regarde la violence et la répression qui sévissent encore dans le monde. En Irak, au Tibet et partout où la guerre est maîtresse des coeurs.
Mais quand les hommes apprendront-ils donc enfin à vivre d'amour ?
Voici une des plus grandes chansons pour la paix qui soit. Elle a fait le tour de la planète, a été traduite dans toutes les langues. Unissons nos voix pour que les vibrations de cette chanson s'envolent jusqu'aux confins de l'Univers. Comme une prière. Qu'elles appellent la Paix sur la Terre.
QUAND LES HOMMES VIVRONT D'AMOUR
paroles et musique: Raymond Lévesque
Interprétée par Luce Dufault
Quand les hommes vivront d'amour,
Il n'y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous nous serons morts, mon frère
Quand les hommes vivront d'amour,
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours,
Mais nous nous serons morts, mon frère
Dans la grande chaîne de la vie,
Où il fallait que nous passions,
Où il fallait que nous soyons,
Nous aurons vu la mauvaise partie
Quand les hommes vivront d'amour,
Qu'il n'y aura plus de misère
Peut-être songeront-ils un jour
À nous qui serons morts, mon frère
Nous qui aurons aux mauvais jours,
Dans la haine et puis dans la guerre
Cherché la paix, cherché l'amour,
Qu'ils connaîtront alors mon frère
Dans la grande chaîne de la vie,
Pour qu'il y ait un meilleur temps
Il faut toujours quelques perdants,
De la sagesse ici-bas c'est le prix
Quand les hommes vivront d'amour,
Il n'y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours,
Mais nous serons morts, mon frère.
March 15, 2008
Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate
Les Tibétains de Montréal et leurs supporters tiennent une vigile en soutien aux protestations
(Montreal, le samedi, 15 mars 2008) – Les autorités chinoises ont répondu vendredi avec une force brutale aux protestations se déroulant présentement à Lhassa et partout au Tibet. Des sources à l’intérieur du Tibet mentionnent que des tanks chinois sont arrivés à Lhassa hier matin et que des milliers de troupes armées ont scellé les trois plus grands monastères, d’où les protestations ont commencé ce lundi. Suite à l’arrêt par la police d’une manifestation tenue par les moines du monastère Ramoche au centre de Lhasa, des douzaines de moines et de laïcs ont confronté la police armée dans les rues, renversant des véhicules de police et les mettant en feu. La police a tiré sur la foule de manifestants et au moins deux personnes et jusqu’à 33 seraient morts.
« En prenant un grand risque, les Tibétains partout au Tibet se soulèvent contre l’occupation de leur patrie pour montrer au monde que, 5 mois avant les JO de Pékin, la situation au Tibet est critique et demande l’attention internationale », a dit Dermod Travis, Directeur exécutif du Comité Canada Tibet. « Des années de répressions politiques de la part de la Chine, des dénonciations répétées du Dalaï Lama, ainsi que la réponse violente aux manifestations pacifiques par les moines plus tôt cette semaine ont aggravé les tensions et le désespoir ressenti par les Tibétains partout au Tibet. »

À Labrand, dans le Tibet oriental (aujourd’hui la province chinoise de Gansu), 3000 personnes ont convergé dans les rues hier alors que le Centre Tibétain pour les Droits de la personne et la Démocratie a rapporté des agitations très répandues à travers les provinces tibétaines du Kham (présentement la province du Sichuan) et de l’Amdo (province du Qinghai). L’ambassade américaine à Pékin a dit qu’elle avait « reçu des témoignages de première ligne de citoyens américains dans la ville qui ont rapporté des coups de feu et d’autres indications de violence ». Les gouvernements étrangers demandent au gouvernement chinois de faire preuve de retenue et ont émis un avis de voyage pour la Région autonome du Tibet.
« La Chine a submergé le Tibet avec des colons chinois, a investi dans des méga-projets coloniaux tel que le chemin de fer afin de solidifier sont contrôle, et a attaqué impitoyablement la culture et la religion tibétaines », a dit Maude Côté, membre d’Étudiants pour un Tibet libre. « Alors que les Olympiques approchent et que les yeux du monde se tournent sur Pékin, ce déversement de frustration en est la conséquence naturelle ».
Le Dalaï Lama, leader tibétain en exil, a appelé le gouvernement chinois à « arrêter d’utiliser la force et d’adresser l’amertume que le peuple tibétain couve depuis longtemps ». En concert avec les Tibétains exilés partout sur la planète, les Tibétains à l’intérieur du Tibet ont lancé les manifestations lundi afin de marquer le 49e anniversaire du soulèvement national populaire tibétain. « Le moment choisi et l’ampleur de ces agitations à travers le Tibet indiquent un vrai soulèvement tibétain contre l’occupation illégale du Tibet par la Chine », a ajouté Mme Côté.
Contact:
Dermod Travis
Comité Canada Tibet, 514.487.0665
Site: Comité Canada-Tibet
Aux Canadiens, si vous voulez savoir ce que vous pouvez faire pour aider les Tibétains, informez-vous ICI
26 mars 2008
Passages

Image: Jim Warren
Voici un texte que j'avais publié l'an dernier sur un autre blog, à la même date. Je voulais le remettre ici aujourd'hui avec de légères modifications, entre autres dans les chiffres ! Merci à ceux et celles qui n'ont pas oublié. Ici comme ailleurs...
Passages
26 mars 1957.
C’est sans doute en hurlant de toute la force de mes petits poumons que je sortis la tête ce jour-là, avec plus de 4 semaines d’avance. Moi et mon éternelle impatience! J’ai toujours aimé être à l’heure, être là à temps pour les événements importants, j’allais quand même pas être en retard pour faire ma grande entrée!
C’était le printemps, tout comme aujourd’hui. Au fond, y a pas grand chose qui ait changé depuis. Presque rien. À part la venue de la télévision couleur, du téléphone portable, du walkman, de l’ordinateur, des CD, des MP3, des communications par satellites, du laser, de la carte à puce. La musique techno, la contraception, la transplantation cardiaque, les premiers pas sur la lune, la chute du mur de Berlin, la première navette spatiale, la caméra vidéo, l’insémination artificielle et quelques autres petites choses. Non… Un demi siècle en fait, quand on y pense, c’est rien du tout!
Ça fait quand même tout drôle, d’avoir 50 ans. Ah le temps !! Quand on a 10 ans, on n’en a pas la notion. On croit que les gens de 30 ans sont déjà des vieillards. À 20 ans, on a bien d’autres choses beaucoup plus importantes à faire que de s’occuper de ce genre de peccadilles. On le regarde passer, tranquillement. À 30 ans, on se consacre à sa carrière. On travaille à bâtir ses rêves avec ceux qu’on aime, tant et si bien que finalement, il est passé et on l’a pas vu.
À 40, on veut tout entreprendre, aller partout, tout expérimenter, tout voir. On veut tout faire ce qu’on a toujours voulu, parce qu’on se rend compte à quel point il file vite, le temps. Certains de nos rêves tournent à l’urgence, certains projets à l’abandon. C’est l’heure des bilans, des mises au point. On repense les priorités. On entrevoit le jour de la cinquantaine avec appréhension, en essayant de ne pas trop y penser.
Mais les années viennent et s'en vont sans qu'on puisse les arrêter ni même les ralentir. On dirait que plus ça va et plus ça va vite ! C’est aujourd’hui. Heureux jour d’entre tous : Le jour de mon anniversaire... 51 ans déjà!
Pourtant, je n’ai pas été foudroyée par un éclair paralysant. Mon miroir me renvoie le même reflet qu'hier, le même visage. Oh il y a bien quelques rides, toutes petites, qui sont apparues au coin des yeux, au fil du temps, presque rien.
L’ amour, l’amitié, les sentiments prennent de plus en plus d’importance. Le temps passé près de ceux qu’on aime, les désirs, les joies mais aussi les peines, tous ces instants deviennent tout à coup plus précieux que tout l’or de la terre.
Au fond, le temps, l’âge, ça n’a pas beaucoup d’importance. Tant que le cœur est capable d’aimer, il reste jeune indéfiniment. Nous avons tous le même âge. Nous sommes tous des âmes en transit. Cinquante petites années ne sont qu’un soupir dans l’Éternité. Et le Grand Voyage continue.
20 février 2008
De retour !

Image: Allwallpapers.net
Je suis là. Bonjour à tous !
Merci à vous tous et toutes pour les gentils commentaires que vous avez laissés ici pour moi. J'en suis très touchée.
Je vais bien. Ne t'inquiète pas ma belle Josée. Tu me manques beaucoup toi aussi.
Flo, je t'écris très vite, dès que je peux…
Baladine ma chérie, ta santé m'inquiète, donne-moi de tes nouvelles si tu peux… Je t'aime…
Je vous aime.
Pour vos encouragements, vos souhaits de force, de succès, de bonheur, pour vos questionnements, vos inquiétudes, votre compréhension, votre amitié, votre présence constante malgré ma longue absence… à tous et chacun d'entre vous, Josée, Baladine, Coquine, Lio, Jojo, Loula, Jeanne, Ariane, Michelotte, Maïté, Audrey, Coralie, Lili, Bruno, merci. De tout mon coeur, merci. Vous êtes la raison de vivre de cet endroit, si j'y reviens aujourd'hui, c'est bien à cause de vous, de chacun de vous…
Et toi Sarah,
J'arrive pas à croire que tu n'es plus là… tu as pris ta place parmi les anges… déjà.
La vie est si fragile.
Et moi, je ne savais même pas que tu étais tellement malade. Tu ne me l'avais jamais dit. Mais non, toi, tu t'inquiétais tout le temps pour moi ! Je relis ton dernier commentaire ici, il y a à peine quelques jours, tu étais venue me donner du courage, me souhaiter l'apaisement… Tu te battais pour ta vie et tu te préoccupais encore de mes petits, mes tout petits bobos !… Chère Sarah, même sur ton blog, tes derniers mots parlent encore et toujours d'amour et d'amitié, jusqu'au bout, tu pensais encore à tes amis, à nous… à moi… Tu disais:
"L'amitié est comme un arc-en-ciel - Rouge comme une pomme et tendre au cœur . Orange, comme une flamme brûlante qui ne dort jamais. Jaune comme le soleil, illuminant le jour. Verte, comme une plante, qui ne cesse de grandir. Bleue, comme l'eau si claire. Pourpre, comme une fleur commençant à fleurir et Indigo comme vos rêves remplissant votre cœur.
S'occuper d'amitié , ressemble à un arc-en-ciel
VOUS mes amis,
je vous souhaite Bonheur,
Quiétude et Amitié"
Publié par SARAH33 le 17 février à 19:47:36
Merci de m'avoir donné la chance de te connaître un peu, de m'avoir appelée ton amie.
Bon voyage ma douce Sarah… vas vers ton destin brillante Petite Étoile, dans le bonheur et la paix enfin retrouvés…
À bientôt.
10 janvier 2008
Départs

Image: Naturewallpapers.net
Bien sûr, il y a très longtemps que j'ai envie de partir… Bien sûr.
J'ai envie d'être indépendante, libre, j'ai envie de vivre ma propre vie, d'avoir un endroit à moi pour recevoir mes amis, mon amoureuse, un endroit bien à moi quoi! Alors je l'ai fait. Ça y est. J'ai signé pour un petit appartement au centre-ville, vendu les meubles trop encombrants, appelé les déménageurs pour fixer la date. Et voilà. Ce sera le 15. Dans moins d'une semaine je mettrai fin à une cohabitation qui aura duré plus de 10 ans.
Et bien que j'y aie pensé et repensé durant des jours, pesé et soupesé les avantages et les inconvénients, analysé durant des heures tous les tenants et les aboutissants, il me semble soudain que tout ça s'est passé si vite. Depuis des années, moi et elle, nous partageons tant de choses. Notre musique. Notre Duo, Cadence, a fait danser les gens, dans tous les petits bars autour des côtes de la Gaspésie et partout au Québec. Qu'est-ce qu'on a pu bourlinguer! Aujourd'hui, j'ai tellement de choses qui me reviennent en mémoire…
Mais au-delà du travail et des souvenirs, nous partagions aussi le quotidien, les joies et les peines, les peurs aussi, parfois. Ensemble nous avions une certaine sécurité, pas seulement financière, mais affective également: Comme nous n'avons plus de famille, ni elle ni moi, elle est devenue un peu comme ma petite sœur avec le temps. Elle m'en veut de la laisser toute seule. Elle a du mal à comprendre pourquoi j'ai voulu partir. Elle se sent abandonnée, trahie et je suis désolée pour elle, cela me rend triste. Je n'ai pas envie de perdre son amitié mais je dois vivre ma vie à présent. Le temps passe, si vite. J'aurais aimé rester proche d'elle malgré tout. Peut-être me pardonnera-t-elle d'ici quelque temps… Je le souhaite de tout mon cœur.
Lorsqu'on décide de changer sa vie, tout se bouscule et on a beau croire qu'on a pensé à tout, il y a toujours ce petit quelque chose d'important qu'on avait oublié ou plutôt, ce petit quelque chose qu'on n'avait pas voulu voir...
Nous avons depuis huit ans, deux petits chats qui partagent également notre vie. Ils ont toujours été ensemble et ils s'adorent. Hier, au milieu de la nuit, je me suis réveillée en sursaut. Il faut dire que je ne dors plus très bien depuis que la date a été fixée. Là sur le pied de mon lit, je les ai vus. Ils dormaient tous les deux, tout enroulés l'un dans l'autre, paisiblement, sans savoir que dans quelques jours, à cause de décisions et de motivations dans lesquelles ils n'ont rien à faire, ils seront séparés pour toujours… J'ai fondu en larmes. Depuis, je n'ai plus fermé l'œil. J'ai le cœur bouleversé. Pendant que j'écris tout ça, il est là mon petit Bandit que je devrai laisser derrière moi. Mon petit chat que j'ai nourri, caressé, aimé depuis qu'il est tout petit. Il me regarde avec ses grands yeux bleus et je vois bien qu'il se doute que quelque chose ne tourne pas rond… les animaux sentent bien ces choses-là… il me regarde pleurer sans comprendre que c'est lui que je pleure. Mais allons... on ne se met pas dans un tel état juste pour un chat... n'est-ce pas?...
J'ai pourtant tellement souhaité, rêvé ce jour-là. Et voilà que maintenant que le moment est arrivé, je suis toute retournée. Je doute et je remets tout en question encore et encore. L'esprit prend parfois des détours bien difficiles à cerner. Il y a des petits démons qui viennent tirailler les fils de nos pensées.
Aujourd'hui je suis assise au milieu d'une dizaine de cartons empilés, vides encore. Je les remplis lentement, en silence, la gorge serrée. J'ai les mains qui tremblent.
J'ai peur de m'être trompée, du silence, du noir, d'avoir mal, d'avoir froid, d'avoir faim.
Oh oui, je crève de peur, mais cependant je fonce tête baissée sans me retourner. Peu importe de quoi la vie sera faite demain, ce sera la mienne, ma vie.
29 août 2007
Histoire d'ordi
Je suis désolée pour cette petite absence. Me voilà de retour !
Je vous raconte:

Comme mon ordinateur avait perdu conscience et que j'étais très inquiète à son sujet, je me suis tout de suite rendue chez le Docteur PC en portant dans mes bras mon pauvre ordi au disque dur endolori ...
Dès notre arrivée, il s'est mis à l'examiner et à l'ausculter...
"Vous savez à cet âge là, le coeur, c'est fragile !" me disait-il, pendant que notre malade lui, allait de mal en pis.

Puis, après maints examens, il m'a regardé d'un air affligé: "Ma petite madame, j'ai bien peur qu'on ne puisse plus rien pour lui. Le coeur a flanché et la mémoire aussi. Ce fut un coup trop dur pour son disque dur. "
Le malheureux a rendu l'âme dans un dernier bip! . Déchirant.
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- "Mais que vais-je donc devenir sans lui?" pensais-je désespérément. Il était un outil précieux pour moi, un fenêtre sur le monde. Il était votre voix à vous... Je ne me résignais pas à le perdre... à vous perdre surtout !
C'est alors que le Docteur PC, affichant un drôle de petit sourire, me dit tranquillement en ouvrant la porte de son arrière-boutique :
- "Malheureusement, il faudra remplacer toute la tour. J'en ai d'ailleurs quelques modèles ici qui pourraient bien vous intéresser !"
(Adios M. le Docteur, bienvenidos M. le Vendeur ! )
...
!!!
C'est à ce moment-là que je l'ai vue. Magnifique dans sa robe argentée avec ses contrôles teintés d'un profond bleu de nuit... une vraie merveille !
Dans un souffle, le coeur battant, je me suis exclamée : "C'est celle qu'il me faut! C'est elle que je veux!"
(Bienvenidos Mme l'Acheteuse... Et M. le Vendeur souriait... )
- "Vous croyez qu'elle s'accordera bien avec les autres, souris, clavier, écran, imprimante, enfin vous savez, tous les autres?" demandai-je soudain craintive.
- "N'ayez aucune frayeur, chère madame l'Acheteuse, tout ira très bien et s'il devait y avoir conflit, ce dont je doute absolument, vous n'aurez qu'à revenir me voir avec les rébarbatifs. Vous verrez, je règlerai très facilement toutes les disputes, incompatibilités de caractères ou autres détresses qui pourraient survenir. Vous pouvez compter sur moi."
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Je suis donc repartie avec ma nouvelle tour sous le bras, confiante, admirant les nombreux talents de monsieur PC, docteur, vendeur, médiateur et diplômé ès psychologie ès ordi !
N'empêche qu'il avait raison. Tout le monde s'est tout de suite très bien entendu.

D'ailleurs je ne serais pas surprise que Monsieur Écran ait un petit faible pour sa nouvelle compagne... C'est vrai qu'elle est bien jolie. (Mais gardons ça entre nous!)
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19 août 2007
Le Pêcheur

Image: Paul Mayhew
Ce matin, je marchais lentement au bord de la rivière, comme je le fais très souvent. J'aime laisser voguer mon esprit au fil de l'eau, oublier dans les splendeurs de la nature, les tracas et les chagrins. Je me suis assise un instant sur le banc de bois. La St-Maurice, magnifique, scintillant de ses mille reflets, m'a rappelé les beaux jours passés, en d'autres temps, sur une autre rivière, la tienne, chez-nous. J’ai ressenti ta présence avec une telle force que j’avais l’impression que d’une seconde à l’autre, je te verrais apparaître, sortant du tournant, derrière le bouquet d’arbres, descendant le courant. Comme quand j'étais encore enfant et que par beau temps, quand maman me permettait de t'accompagner, nous partions tous les deux, à la pêche...
Le grand canot de bois semblait flotter au dessus des flots tant il glissait vif et léger, sur la rivière. Assise sur le travers avant, contemplant le paysage grandiose qui défilait sous mes yeux, je me laissais bercer au rythme du clapotis régulier de ta rame qui fendait l’eau.
Je gardais un silence religieux. J’osais à peine bouger de peur de déranger ta concentration. De ton regard aguerri, avec la plus grande attention, tu scrutais chaque centimètre de la surface de l’eau. Rien ne pouvait échapper à ton œil perçant comme celui de l'aigle, pas le moindre soubresaut, pas le plus petit remous. Si le poisson se trouvait là, tu le saurais. Ta réputation sur ce point n’était plus à faire. Tu étais sans contredit, le plus grand pêcheur de saumon du monde entier. De cela j'étais absolument convaincue. Je regardais ton visage hâlé, creusé par l'âge et le vent. Je te trouvais beau et j’avais le cœur gonflé d’admiration et de fierté.
Tout à coup, un éclair dans le regard, un petit sourire au coin des lèvres, tu amarrais la chaloupe et tu préparais ta ligne. J’aimais te regarder choisir soigneusement l’appât le plus approprié à l’endroit, au poisson, à la lumière du soleil sur la surface, à la température de l’eau selon l’heure du jour et tout un tas de considérations très importantes qui échappaient complètement à la petite fille que j’étais mais qui néanmoins, me fascinaient.

Lorsque de tes grandes mains dorées, tu ouvrais ta boîte d’hameçons, elle me faisait l’effet d’un vrai coffre aux trésors. Je ne me lassais pas de regarder et de caresser du bout des doigts toutes les « mouches » aux plumes de toutes les couleurs et de toutes les longueurs qui y étaient alignées par dizaines. Certaines avaient de très jolies couleurs très vives, mais d’autres ressemblaient à des insectes bizarres et exotiques et me semblaient plutôt effrayantes. Ce sont justement celles-là qui finissaient souvent, je ne sais trop par quel étrange coup du sort, épinglées sur ta casquette!
Armé de ta longue canne et chaussé de tes grandes bottes, tu descendais dans l'eau jusqu'à mi-cuisse. J'adorais te regarder pêcher. Lorsque d’un gracieux mouvement, tu lançais ta ligne, on aurait dit que tu la faisais danser dans le ciel avant de la laisser replonger à nouveau au creux des flots. J’ai encore dans les oreilles, le sifflement particulier de ton lancer. Très loin. Très précis. Quelquefois quand l’eau était assez claire, il arrivait qu’on aperçoive tournoyant autour de ta ligne, le grand saumon. Ah! Comme tu savais bien le taquiner pour qu’il vienne rôder de plus en plus près autour de ton appât et qu’il finisse à la fin par y mordre solidement. J’étais émerveillée par le combat aquatique qui s’engageait ensuite entre toi et lui.
Lui agressif et puissant, tirant de toute la force dont il était capable pour se dégager de l’hameçon, il s'éloignait à toute allure déroulant toute la ligne, faisant crier le moulinet. Puis soudain, il s’arrêtait, pour simuler l’abandon ou la mort pour ensuite repartir de plus belle, soulevant des tourbillons d'eau et d'écume. Et toi, profitant de ses accalmies, tu le tirais de plus en plus près, jouant de stratégie et de finesse, pour finir par l’attirer au bout de plusieurs minutes et même de quelques heures parfois, tout près de tes pieds. Puis, avec le filet tu retirais finalement de l’eau l'énorme poisson dans un ultime frétillement. Quelle joie se dessinait alors sur ton visage.
Tu riais en disant : « Ah! C’est un gros celui-là! Ta mère sera contente.»
Quelques fois cependant, c’est lui, le saumon, qui sortait gagnant en finissant par se décrocher et s’enfuir à toute vitesse. Tu haussais alors les épaules, en disant que les choses étaient bien ainsi, une sorte de justice de la nature. Tu disais que c’était tant mieux pour lui et qu’il avait, lui aussi, droit à la victoire. De toute façon, tu remettais systématiquement à l’eau tous les poissons encore trop petits ou trop jeunes. J’ai toujours admiré ton grand respect pour la vie et la nature.
Je garderai ce précieux souvenir et tant d’autres encore profondément enfouis au creux de ma mémoire, jusqu’à ce que je retrouve la chaleur de tes bras et de ton sourire, sur la Grande Rivière de l’Infini.
Depuis que tu es parti, ton canot est resté sur la rive. Abandonné.
Comme tu me manques, papa.

30 mai 2007
Le loup

Image: KB Maija
Je suis de race amérindienne, je respecte profondément la nature et je crois que tous les êtres qui marchent et qui respirent sur cette terre ont le même droit à la vie.
Le loup est mon animal fétiche. Je l'admire pour sa loyauté et sa noblesse. Pour moi, les qualités qu'on retrouve chez lui, représentent un idéal à atteindre...
Je voulais vous parler un peu de lui...
Le loup
La meute
La meute est une structure sociale parfaitement élaborée. Le nombre d'individus qui la composent oscille entre la douzaine et la trentaine. Fortement hiérarchisée, ses assises sont le couple mâle-femelle dominants.
Chaque loup est doté d'une forte personnalité et, au sein de la horde, ses qualités, voire ses défauts, sont habilement utilisés au bénéfice de tous les membres.
C'est le loup dominant qui choisit toujours le territoire où s'établira le clan. C'est lui qui prend l'initiative des actes rituels et, éventuellement des changements apportés. Veillant à la sécurité et au bien-être de tous les individus, il assume seul le maintien de l'ordre et veille à la cohésion du groupe. Responsable, il dispose toujours des sentinelles sur les lieux de séjour. Malgré le degré élevé du respect de la hiérarchie qui règne dans la société des loups les louveteaux, tout au moins durant les premiers mois de leur existence, jouissent de tous les droits et font ce que bon leur semble. On retrouve cette caractéristique aussi chez les amérindiens chez qui les enfants au début de leur vie ont totale et entière liberté.
Mais les loups adultes ont bien d'autres corvées à exécuter que celle d'aller monter la garde. Il leur faut aussi assurer la protection et l'éducation des turbulents louveteaux. Ils remplissent cette tâche avec zèle et, pourquoi ne pas le dire, avec dévouement et amour.
Hors des meutes, on trouve des loups solitaires, parfois vraiment isolés, parfois suivant le clan à un ou deux kilomètres. Le loup étant un animal social, on pourrait s'étonner à priori de ce comportement. En réalité, même s'il choisit l'isolement ou s'y voit contraint, le loup reste en contact avec ses semblables, grâce à certains moyens de communication. Il fait toujours connaître sa présence aux autres loups par son odeur et par ses hurlements. La conclusion est qu'il n'y a pas vraiment de loup tout à fait solitaire, même si l'on rencontre des loups seuls.
Il arrive aussi que des loups soient exclus du clan. Par nécéssité lorsque la nourriture se fait rare, certains individus seront exclus ou s'excluront eux-même pour assurer la survie des petits. Certaines querelles entre femelles réticentes et mâles trop entreprenants peuvent également être à l'origine de ces exclusions. Enfin il arrive aussi qu'un loup, rendu inconsolable par la mort de sa compagne, s'isole volontairement. Il semblerait que l'exil voulu ou forcé ne se rencontre que chez les individus mâles et que les louves solitaires soient rares.
L'amour
Le loup et la louve s'élisent pour des raisons qui dépassent de fort loin, les nécessités biologiques de l'espèce. Le loup choisit souvent sa compagne dès sa première année. Parfois c'est une jeune femelle qui jette son dévolu sur un mâle. Alors elle le suit constamment, s'attache à lui, et semble l'aduler surtout s'il est plus âgé qu'elle. Le déclenchement du mécanisme physiologique de la copulation engendre un lien puissant qui soude le couple pour la vie. Il s'agit d'amour vrai et oui, même au fond des bois! Une fois le ménage constitué, le mâle fait preuve de grande tendresse envers sa compagne, élue pour la vie, et à laquelle il démontrera une fidélité absolue. L' attachement entre individus du même sexe a aussi été quelquefois observé, quant à l'inceste, il n'existe pas chez le loup.
Pour défendre sa famille, il est capable de tous les héroïsmes. Exemplaire, le mâle accomplit son devoir paternel en protégeant mère et louveteaux, aidé en cela par les autres loups du clan. Si d'aventure, sa compagne est blessée ou malade, le loup chassera pour elle et léchera ses plaies jusqu'à son rétablissement.
Si un quelconque danger se présente, le mâle s'interposera entre celui-ci et la louve. On ne compte plus, observées en liberté ou en captivité, les preuves d'attachement entre mâles et femelles. On a vu des loups se faire capturer ou tuer et leurs louves se rendre des dizaines de fois à l'endroit de leur disparition, jusqu'à être piégées à leur tour. Les mâles, sont tout aussi éperdus de tristesse lorsque la mort enlève leurs compagnes.
Éminemment sociable, excessivement paternel ou maternel avec ses petits ou d'autres progénitures sans défense, le loup dominant, à l'opposé de l'image que l'homme a voulu donner de lui, est un seigneur au sens médiéval du terme.
Noble dans ses sentiments autant que dans sa conduite, cet animal chevaleresque est pourvu des caractères et des vertus qui font si gravement défaut à bien des humains.
Bibliographie:
AYOTTE Benoit. Plaidoyer pour le loup
du Québec.
Clan des loups d'Amérique du Nord, 2000
BAILLON Jacques. Nos derniers loups.
éd. Les Naturalistes Orléanais, 1991
HITIER de VALMERCY Christian. Les Loups.
éd. ULRICH, 2000
DELFOUR Julie. Vivre avec le loup.
éd. Hesse, 2004
Et bien d'autres...



