16 mars 2008
Petit Prince

Image: Kawaiigirls.com
- ... Adieu, dit-il... A. De St-Exupéry À Nathaniel
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.
Monsieur l'Aviateur
Vous l'aviez demandé
Vous voilà prévenu
Le Petit Prince est vivant
Et il est revenu.
Il a toujours ses cheveux d'or
Comme les blés
Et ses grands yeux
Couleur de ciel
Et jamais de sa vie
Il ne renonce à une question
Une fois qu'il l'a posée
Son rire comme des petits grelots
Qui chantent en cascade
Touche toujours le cœur
Comme le plus beau cadeau
Ah! petit bonhomme,
Comme j'aimais entendre ce rire!
À ses heures
Quand le temps est doux
Il lui arrive encore
De questionner les fleurs
Un peu, beaucoup, passionnément
A la folie ou pas du tout
Que t'as donc dit la marguerite
Petit Prince effeuilleur?
Il construit des châteaux
Avec des gardes aux créneaux
Des chevaliers en armures
Boucliers et montures
Il invente des mondes
Aux couleurs écarlates
Des îles aux trésors
Où vivent des pirates
Il a le coeur aussi grand
Aussi bon que la Terre
Tout éclatant de vie
Et débordant d'amour
C'est à cause de sa Rose
Puisqu'elle rayonne en lui
Toujours.
Il dit même parfois
Qu'il mourrait pour elle.
Vous voyez?
Il n'a pas changé.
Je voulais vous le dire
Je l'ai tout de suite reconnu
Et je suis accourue
Pour vous en avertir…
Si vous le voyez Monsieur l'Aviateur
Si vous le retrouvez
Dites-lui que je pense souvent à lui
Que je m'ennuie de nos jeux, de sa voix, de nos rires…
Dites-lui simplement, que je m'ennuie de lui...

29 février 2008
Mouvance

Image: M. Valliant
En souvenir de Blandine.
Il était une fois qui n'était pas...
Elle m'était apparue un soir vers la fin du mois d'août.
L'été semblait ne plus vouloir finir. Le soleil insistait, réchauffait. Curieux, comme les jours où arrivent les choses, il fait toujours très beau.
J'avais été fort occupée, à récupérer, à re-cueillir les morceaux de ma vie éclatée, éparpillés ça et là tout le long de la route. Je venais de retrouver dans un fossé où on l'avait un jour jeté, barbouillé, cabossé, rapiécé de partout, mon coeur. Je le tenais encore quand en levant les yeux, je la vis près de moi...
Elle était venue comme ça, de je ne sais où, par hasard. Elle avait les yeux aux couleurs de la mer. Le soleil et le vent caressaient de leurs reflets ses cheveux de soie. Je la trouvai si incroyablement belle que je restai sans voix. Elle me fit un sourire et mon coeur, jusque là inerte entre mes mains, se mit soudain à battre.
Elle déposa à mes pieds le grand sac qu'elle portait sur son dos. Lorsqu'elle défit le nœud qui le tenait fermé, déjà s'en échappaient de la poussière d'étoiles, de la musique sacrée et des odeurs d'encens. Elle en sortit des mots tendres, des "J'aime et j'aimerai", de la magie, des tambours, des goûts de grands espaces. Elle en retira ensuite deux ailes magnifiques aux teintes orangées qu'elle fixa sur mon dos. En échange de mon cœur... Et je le lui donnai.
Nous nous sommes envolées, enivrées de nous deux, grimpant toujours plus haut, grisées par nos "Je t'aime". Et le ciel s'est empli de nos éclats de rire, de nos jeux, nos regards, de nos lèvres et de nos mains. Nous nous sommes aimées... Le monde s'est arrêté le temps d'une seconde, le temps d'une éternité, et j'ai su ce jour-là, la saveur du bonheur.
J'ai cueilli pour elle, toutes mes plus belles fleurs, lui ai fait un bouquet de tendresse et de larmes, de frissons et de promesses murmurées, d'étoiles dans les yeux et de petits bouts d' âme.
Quand elle m'a donné la main, j'ai bien cru que c'était le début du voyage. Je l'aurais suivie n'importe où... Jusqu'au bout de la terre.
Mais voilà qu'un vent mauvais s'est mis à souffler. Un vent de tempête et de froid, de ceux qui vous traversent et vous glacent jusqu'à l'os. Un nuage sombre est passé devant ses yeux, s'est glissé entre nous, colorant tout de gris. J'ai vu dans son regard s'éteindre l'étincelle et j'ai vu dans ses mains se faner mon bouquet et s'en flétrir les fleurs. Quelque chose entre nous venait de se briser. La magie, la romance? Je ne sais pas. Ces choses-là sont souvent bien impossibles à expliquer.
Elle s'est éloignée lentement, s'est détournée de moi, puis en silence, elle a remis dans son sac, la tendresse, les "je t'aime", les projets et les espoirs.
Les grandes ailes orangées se sont évanouies et je suis retombée brutalement dans la poussière. J'aurais voulu crier, courir vers elle, la supplier, la retenir, mais je n'avais plus de mots, plus de voix. Je restais là, incrédule et impuissante, comme étourdie, à la regarder s'éloigner. Je me sentais vieille et laide. J'avais des larmes dans les yeux et dans la bouche, un goût amer. J'étais seule de nouveau. Terriblement seule. Plus encore qu'avant.
Je la regardais partir. Sans même se retourner.
Sans un mot, sans un regard.
Elle s'en allait, tout doucement... comme elle était venue.
Comme s'en va l'été, comme s'en va le beau temps.
Elle s'en allait, en emportant mon coeur.

24 février 2008
L'amour est immortel

L'amour ne meurt jamais ...
À la douce mémoire de Sarah
La mort n'est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée, simplement parce que je suis hors de ta vue?
Je t'attends, je ne suis pas loin, juste de l'autre coté du chemin.
Tu vois, tout est bien.
Henry Scott-Holland.
06 octobre 2007
Entre tes lignes

Image: Charles E. Barre
À Coquine…
Entre tes lignes
Touchée par ta poésie
Et ta fidèle présence
Entre tes lignes de vie
J'ai glissé mes silences
Ta plume de soie pure
Et de satin bâtie
Nous parle d’aventures
De sensuels pays
Mais derrière tes mots
Il y a ton sang qui coule
Et tes larmes à flots
Que ta prose refoule
Tu exorcises dans tes vers
Entre tes lignes de coeur
Les pires démons de ton enfer
Le temps d’oublier la douleur
L’amour t’a jetée à genoux
Sous les traits d’une femme
Elle n’avait que les yeux doux
Et le reste de flammes
Elle t’a brûlée jusqu’à l’os
Et tu ne sais plus en sortir
Comment refaire surface
Arrêter d'en souffrir
Entre tes lignes-caresses
Chaque mot est une prière
A celle qui encore te blesse
Celle qu'encore tu espères
J’enrage d'être toujours si loin
Et je maudis mon impuissance
Je voudrais te tendre la main
Comme une vieille amie d’enfance
Mais je reste souvent sans voix
Parfois les mots sont bien petits
En silence, j'ai pleuré avec toi
Entre tes lignes de vie...
Ton amie, Louve xxx
26 avril 2007
Miracle

Image: Charles E. Barre
Ma belle Cathy, te souviens-tu de ce poème que j'avais fait pour toi? Je l'avais conservé de mon ancien blog. Je me devais de le publier à nouveau ici... Simplement parce que... Je ne me souviens pas de la date où je te l'avais offert... j'en ai mis une autre... "la vraie".
Tante Louve.
Tu l’attends depuis si longtemps déjà
Tous ces jours et toutes ces nuits
À imaginer, espérer, redouter
Et voici qu’il est là. Presque.
Quelques jours, quelques heures
D’une minute à l’autre, le bonheur
Bouleversant toute ta vie
Le voilà enfin, ton petit miracle
Tu as tant rêvé ce moment
Imaginé ses petites mains
Minuscules entre les tiennes
Comment seront ses cheveux?
De quelle couleur seront ses yeux?
Est-ce qu’il sera comme toi?
Ou plutôt le portrait de son papa?
Aura-t-il son sourire ou le tien?
Tant de fois, tu l’as caressé
Grandissant au cœur de toi
Tu lui as tout dit, tout raconté
Tu lui as fait mille promesses
Il sait à quel point tu l’aimes déjà
Ton trésor précieux, ton petit enfant
Et très bientôt, il sera arrivé, à sa place
Blotti contre le cœur de sa jolie maman
Il sera d’entre tous, sans doute le plus beau
Parce qu’il aura ce petit quelque chose de toi
Il sera magnifique, un merveilleux cadeau
Petit ange d’amour, il te ressemblera
Ton fils.
19 février 2007
À mon fils

Image: Lee Bogle
Avril 1974, Guillaume...
Comme tu étais beau ce jour-là, mon petit bébé! Tes cheveux, rares encore, prenaient déjà la couleur de la nuit et ta peau, la teinte cuivrée de ceux de notre race.
Pardon de ne pas t’avoir désiré, attendu, comme les autres mamans. D’avoir pris tant de temps à comprendre, accepter que tu étais bien là, grandissant dans mon ventre, toi qui prenais pourtant déjà, toute la place. Toi qui me rappelais sans cesse cette nuit infernale ou ton papa, cet inconnu sans visage m'avait prise sans amour, de force et de haine. Mais toi, petit bout d'homme, si pur, si innocent, tu n’y étais pour rien.
Petit ange, tu m’as appris que même à travers les pires horreurs, il pouvait encore arriver des miracles.
Tes yeux sont sûrement vifs, perçants, aussi noirs que les miens, mais tes paupières closes me cachent ton regard. Tu serres les poings si fort qu’ils en sont tout blancs d’efforts. Brave petit guerrier, avec tout ce qui te reste de forces, tu te bats vaillamment. Tu luttes contre des bêtes que je ne peux pas voir. Je sais que tu as peur. Autour de ton berceau de verre, des inconnus s’agitent. Ils t’observent, te touchent. Ils transpercent ton corps d’aiguilles, y attachent des tubes. Tes fragiles poumons cherchent l’air si précieux, sans pouvoir le trouver. Je sais que si tu le pouvais tu crierais à tue tête.
Petit enfant, tu m’as aussi appris qu’on pouvait hurler en silence.
Je ne verrai jamais tes yeux, et je n’entendrai pas ta voix. Tu ne pleures pas. Tu ne gémis plus. Quelque part dans un grand pays blanc, tu dors. Tranquille. Tu n’as plus mal à présent.
Mon enfant, mon tout petit bébé, ce jour-là dans cet hôpital froid, à travers les cris et le chaos, malgré mes pleurs et mes prières, ton cœur s’est arrêté. Tu es parti avec les anges, laissant dans ma vie, une déchirure, un vide immense que jamais plus je ne pourrais combler.
Petit garçon, sur mon cœur, je te berce toujours…


