Jo, Coeur de Louve

Mon peuple, mes écrits, mes amours, mes amis, ma vie... mon âme

29 août 2009

Mes amis...

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Bonjour à vous tous et toutes,



J'espère que vous me pardonnerez cette longue absence.

La vie s'est transformée complètement depuis quelque temps. Mes yeux ont eu de nouveaux paysages à regarder, mon coeur s'est mis à battre sur un rythme différent.

Le temps est devenu tout petit, tout petit et même si mes pensées sont souvent allées vers vous, ma tendre et aimée maman de coeur Baladine, ma douce Michelotte, mon amie de toujours ma Josée, Kitty, Audrey, mon Paladin, ma jolie Coquine, Bruno mon poète, ma petite Kattig, ma chère Jeanne, ma Loula, mon frère Loup Blanc, Aslé, petite Fleur du Soleil, Maïté, mon cher Lio et vous aussi mes belles petertounes, même si j'ai très souvent pensé à vous, je n'ai pas pu trouver les minutes ou l'inspiration pour venir vous le dire...

Mais ma nouvelle vie s'habitue de plus en plus, mon petit bonheur se fait une place au quotidien. Alors voilà, je vous fais à tous et toutes une grosse bise de retrouvaille et je reviens dans ma tanière. J'y serai sans doute moins souvent, mais de loin en loin et de temps en temps, je viendrai vous faire un petit coucou.

Je vous remercie de m'avoir gardé un petit coin de vos mémoires et de vos coeurs.

Je vous embrasse tous.  Je suis heureuse de me retrouver parmi vous.

Votre amie,

                       Louve

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08 décembre 2008

Tournants

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Image: Jim Warren









Tournants







Quelque part sur le Chemin, il arrive parfois que la route s'arrête soudain pour prendre une toute nouvelle direction. Une page se tourne et la vie se transforme…

Après près de 15 ans de musique, de salles de danse, de bars, de soirées de toutes sortes; samedi soir dernier, mon duo Cadence donnait officiellement sa dernière prestation... tant de rencontres, tant de souvenirs ! Oh, bien sûr, nous n'avons jamais figuré sur les palmarès et nous ne sommes jamais apparues au générique d'aucune émission de télé, ni même jamais été entendues à la radio une seule fois, mais nous faisions de la vraie bonne musique et quelque part dans nos cœurs, nous étions un Grand Orchestre. Je garderai de cette période de ma vie, un souvenir impérissable et merveilleux...

Mais... la vie change...

Et vendredi, j'ai reçu le téléphone tant attendu. 

Aujourd'hui, je viens tout juste de terminer le tout premier jour à mon nouveau poste permanent, temps complet! S'il vous plaît!! ....

Il y a un an et demi déjà que je travaille à cet endroit, une journée ou deux par semaine. Mais là ils ont augmenté la production... et le personnel ! Je savais que ça viendrait bientôt, depuis quelques mois  j'attendais.  Mais là ça y est ! C'est fait,  et donc, je commençais ce matin. Je suis responsable du département de reprographie d'un des complexes hospitaliers de ma région. Je me retrouve avec 2 employés, une généreuse augmentation de salaire et la confirmation que je suis vraiment appréciée de mes patrons.  Ils ont dit que mon travail était "remarquable"!  Seigneur! C'est pas beau ça?!  Qu'est-ce que ça fait du bien à entendre! Je me pette les bretelles là!!  :-)

Je suis vraiment contente, c'est un super emploi où j'ai pleine liberté d'action, pas énormément de stress mais beaucoup d'autonomie.  Bien sûr, ce n'est pas le Pérou, juste un modeste salaire, mais assez pour assurer la sécurité. Je n'ai pas besoin d'un million pour être heureuse. Et puis, tout le monde le sait: "L'argent ne fait pas le bonheur"  Mais mon Dieu que ça me changera, parce que, décider de faire de la musique de danse dans la vie, c'est un peu comme faire vœu de pauvreté éternelle!!  Mais grâce à mon petit salaire ( qui en fait, n'est pas si petit que ça… grand sourire… ) je pourrai me permettre de respirer un peu... enfin.  Et puis oh la la! Je vais pouvoir me payer tout ce qui me faisait envie et que je ne pouvais pas me permettre, spectacles, concerts, restos, théâtre et cinéma; une nouvelle garde-robe, tout plein de petits plaisirs. Oh je m'en promets de toutes sortes, c'est certain.  Mais aussi et surtout ce qui me manquait le plus: Inviter mes amis régulièrement à la maison et bien les gâter.  Une nouvelle vie va commencer…

Entre hier et demain, je me tiens en équilibre sur un tournant de vie.  Un nouveau chapitre de mon livre est sur le point de s'écrire. Tout à coup, les choses vont très vite,  j'en suis toute retournée. Un vertige, mais l'espoir aussi. J'ai confiance en moi et en l'avenir. Les choses iront bien maintenant... et de mieux en mieux.  Je le sais.

Merci la vie!









leversoleil

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03 décembre 2008

Le petit chemin


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Photo: JD Brochu







Le petit Chemin
(Chanson - été 1967)



C'est un petit chemin
De cailloux et de mousse
Que je poursuis en douce
Une étoile à la main
Et mon petit courage
Et l'éclatant soleil
Il conduit au grand large
Mon chemin sous le ciel

Pour avoir de l'empire
Sur ce petit chemin
Me faut savoir sourire
Aussitôt le matin
Ne pas compter les pierres
Qui déchirent les pieds
Mais chercher la Lumière
Qui permet d'avancer

Pour avoir de la place
Dans ce petit chemin
Me faut des goûts d'Espace
Aussitôt le matin
Les pieds dans la broussaille
Le cœur en floraison
À petites batailles
Je gagne l'Horizon










soleil









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28 novembre 2008

Phoenix

Phoenix

Image: Mia Bengsston







Il vaut mieux vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie.  (Brice de Nice)

À celle qui se prenait pour un oiseau d'or et de feu.

Mais qui ne savait pas voler...







Phoenix



J'ai le coeur en morceaux
Et de l'eau dans les yeux
C'était un grand Oiseau
Aux plumes d'or et de feu

Mais Il s'est envolé
Me laissant éperdue
Au milieu d'un beau rêve
À peine entr'aperçu

Il brillait de soleil
Et je Le trouvai beau
Comme nul autre pareil
Lui offrit un Cadeau

Du Phoenix fier et fort
Les paroles de braise
Ont consumé mon corps
D'un feu que rien n'apaise

Du Roi-Soleil, les mots
Caresses envoûtantes
Ont glissé sur ma peau
Comme langues brûlantes

À Ses pieds, enchaînée
J'ai déposé les armes
Sous Son aile, lovée
J'ai entrouvert mon âme

Mais au coeur de la nuit
Sans qu'on eût pu prédire
Des démons sans merci
Sont venus tout détruire

Les liens de cuir tissés
Se sont évanouis
Et sans se retourner
L'Oiseau d'or s'est enfui

Je garderai longtemps
Encore au fond des yeux
Le souvenir vivant
Du bel Oiseau de Feu

C'était seulement un rêve
De ceux qu'on n'oublie pas
Par cette nuit trop brève
Où le Phoenix passa







Musique: Dead Can Dance - Spirit chaser



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23 novembre 2008

Réveil

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Il faisait froid. Le soleil ne parvenait pas encore à réchauffer l'air cristallin de ce matin d'automne. Mais sa chaleur se pressentait déjà, se laissait désirer, en quelque sorte. Ce serait une journée magnifique.

Quelque chose avait changé.

Quelque chose d'indéfinissable qui rendait ce matin-là unique.

La Louve se souvenait. Pourquoi avait-elle suivi cette étrangère au-delà de la sécurité de sa chère forêt? Comment avait-elle pu se perdre à ce point-là? Elle n'en savait rien. Elle ignorait comment elle s'était retrouvée soudain seule, dans ce monde inconnu et froid, avec à la poitrine, cette blessure ouverte.

Tout ce sang!

Elle se vidait lentement. Elle restait là, à regarder ses rêves, ses mots, ses illusions, sa vie qui goutte à goutte continuaient de s'échapper de son coeur, écorché vif.

Elle était demeurée longtemps couchée sur son flanc, meurtrie, sans bouger. Sans comprendre. Impuissante. À attendre que le mal qui la ravageait s'apaise enfin et la laisse reprendre un peu son souffle, priant Dieu pour que ça s'arrête. Juste un instant.

La douleur embrouillait sa vue et sa raison. Elle ne savait plus depuis combien de temps elle était là… immobile… perdue dans ce silence glacé. À demi-morte.

Dans son délire, elle avait vaguement eu conscience que des gens étaient venus puis repartis. On avait tenté en vain de la soigner, elle avait encore le souvenir de mains caressantes sur son corps. Sensations fugaces vite évanouies.

Et puis voilà que ce matin… Voilà que le soleil s'était levé sur sa tanière et qu'il brillait d'un éclat nouveau. Que s'était-il passé? Qu'est-ce qui était si différent aujourd'hui de tous les autres jours?

Puis tout à coup, elle avait su.  La douleur...
Elle était partie. Après tout ce temps.  Disparue! Envolée! Était-ce bien possible? Elle n'avait plus mal. Elle attendit quelques minutes, se forçant à respirer calmement de crainte qu'au moindre mouvement elle ne revienne la paralyser complètement encore une fois… mais la douleur ne revint pas.

Enfin, au terme de cette longue nuit qui lui avait semblé ne plus jamais devoir finir, la Louve ouvrit les yeux.

D'une grande inspiration, elle gonfla ses poumons de l'air frais du matin, puis rejetant la tête en arrière, elle poussa vers le ciel, un long hurlement, un cri venu du plus profond de son coeur de louve, infiniment puissant et que l'écho reprit avec elle.

Elle était libre!







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05 septembre 2008

L'attrape-rêves

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Image: Yavapai College










Il y a longtemps, lorsque le monde était encore jeune, un vieux guide spirituel de la tribu Lakota se trouvait sur le sommet d'une haute montagne et eût une vision. Dans cette vision, Iktome, un grand coquin et enseignant de la sagesse, lui apparut sous la forme d'une araignée et lui parla en langue sacrée.

Pendant qu'il parlait, Iktome l'araignée prit le cercle de saule que l'ancien portait avec lui et qui était décoré de plumes, de crin de cheval, de petites perles et d'offrandes sacrificatoires, et il commença à tisser une toile à l'intérieur du cercle.

Il parla à l'ancien des cycles de la vie, que l'on commence à vivre en tant qu'enfants et que l'on passe ensuite de la jeunesse à l'âge adulte. Qu'enfin nous atteignons la vieillesse et que quelqu'un prend soin de nous comme si nous étions enfant de nouveau, complétant ainsi le cycle. "Mais", ajouta Iktome pendant qu'il continuait à tisser la toile d'araignée, "pendant chaque période de l'existence il y a beaucoup de forces, quelques-unes appartenant au bien, d'autres au mal. Si tu écoutes les bonnes forces, elles te guideront vers le bon chemin, mais si tu écoutes les mauvaises forces, tu iras dans la mauvaise direction et cela pourrait te blesser. Ainsi ces forces pourraient t'aider ou t'interférer avec l'harmonie de la Nature".

Pendant qu'Iktome parlait, il continuait à tisser. Quand il eût fini de parler, il donna la toile à l'ancien et il dit: "La toile d'araignée est un cercle parfait avec un trou au milieu. Utilise-la pour aider ton peuple à rejoindre ses buts, en employant bien leurs idées, leurs rêves et leurs visions. Si vous croyez au Grand Esprit, la toile retiendra vos bonnes visions, tandis que les mauvaises s'en iront à travers le trou central".

L'ancien raconta la vision à son peuple et maintenant beaucoup d'amérindiens accrochent un "attrape-rêves" au dessus du lit pour filtrer les visions. Les bonnes sont capturées par la toile et transmises au rêveur, les méchantes glissent dans le trou et disparaissent.

Légende Sioux Lakota








capteuranime



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21 août 2008

Le vaisseau d'or

voilier

Image: jacquescartier.org









LE VAISSEAU D'OR



Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif :
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues ;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalaient à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu'est devenu mon coeur, navire déserté ?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!




Émile Nelligan 1879-1941






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24 juillet 2008

Une chanson en dédicace

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Image: Le vieux du bas du fleuve

Un merci tout spécial à Madame Gisèle Deslandes, artiste peintre








La cicatrice Forillon



Chaque année, il y revient. Il paye à la barrière les $6.90 que coûtent les droits d'entrée sur le grand Parc Forillon. Un des plus grands et des plus beaux parcs nationaux du Canada, situé à l'extrême est de la Gaspésie sur un magnifique cap dominant la mer.

Chaque année, il revient encore ici. Mais lui, il ne suit pas les quelques touristes venus le visiter durant leur vacances. Non. Lui, il vient pour se souvenir. Il emprunte des sentiers connus de lui seul. Et là, au milieu d'un bouquet d'arbres vieux d'un peu plus de trente ans, derrière un tas de broussailles qu'il écarte de la main, il découvre les anciennes fondations de la maison où il a vu le jour. Lui, il n'est pas à Forillon. Non. Lui, il est à Indian Cove.  Il vient pour y pleurer. Il vient pour y honorer la mémoire de son père et de sa mère morts de chagrin et d'ennui après avoir été chassés sauvagement de leur foyer et de leur terre.  Après avoir été dépouillés de leurs biens, fruits des efforts de toute une vie et de leur fierté d'appartenir à cette terre. Leur terre. Chaque année, il vient pour y prier. Il prie pour ceux dont l'esprit habite encore ce village dont le nom a été oublié depuis. Mais lui, il n'oublie pas. Jamais il n'oubliera…





***

Extrait

1970


La création de ce parc national a forcé l’expropriation de 350 propriétés construites sur le territoire visé, hébergeant quelques 225 familles, sans compter plus de 1 500 propriétés boisées. Des milliers de personnes ont été ainsi directement touchées par la création de ce parc...

Cette expropriation a disséminé 6 villages…

Quant à eux, les expropriés se sont retrouvés un peu partout au Québec, de Montréal aux habitations à loyers modiques (HLM) du centre-ville de Gaspé construit à leur intention. Ces gens qui, pour la plupart, assuraient leur revenu par la pratique traditionnelle de la pêche, de la culture maraîchère, de la chasse et du travail de bûcheron, ont dû réinventer un mode de vie dans leur propre coin de pays, en voyant leurs propriétés disparaître sous les flammes allumées par des employés du parc. Plusieurs d’entre eux ne s’en sont jamais remis.

Texte tiré d'un Mémoire présenté à Parcs Canada dans le cadre de la consultation publique sur l’avenir du parc national du Canada Forillon Par la Ville de Gaspé le 30 novembre 2006, consultez-le pour plus de détails:



Forillon : « L’harmonie entre l’homme, la terre et la mer »
Ou Le Gaspésien, une espèce en voie de disparition







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Photo: Michel Julien

La ferme Blanchette, gardée intacte pour son style pittoresque, mais vidée de ses habitants en 1970.



***




Voici une autre chanson interprétée par notre duo,  Cadence.

Je voudrais la dédier tout spécialement aux anciens habitants des villages de Indian Cove, Grande-Grave, Petit-Gaspé, Ship Head, L’Anse-Saint-Georges, Penouille et à tous ceux qui s'en souviennent…



Le vieux du bas du fleuve
Une chanson de M. Gaston Mandeville
Interprétée par le duo Cadence
Guitare et voix: Suzanne – Lead vocal: Jo

Appuyez sur le bouton "play" du lecteur pour entendre la chanson



Y’avait un vieux dans l’bas du fleuve avec une terre de 30 arpents
Un poèle à bois, une charrue neuve, 36 cochons pis 11 enfants
Y s’est levé un bon matin, une cicatrice sur son terrain
Les yeux pleins d’eau y’a dit calvaire, on est en train d’voler ma terre

Refrain :  Quand t’es ben tranquille chez vous          
              Assis à compter les hivers pis à t’mêler d’tes affaires
              J’ai d’quoi su’l’cœur mais j’ai pas l’cœur à te l’dire

Y’avait un vieux dans l’bas du fleuve avec un cœur de 30 arpents
On l’a tué à coup d’tracteur, le sang a coulé par en d’dans
Sa femme est là pis a dort pu, un coup parti les p’tits non plus
Le douze à sel c’est passé d’mode, on peut pas éviter l’exode

Y’avait un vieux dans l’bas du fleuve avec des rêves de 30 arpents
Sort sa charrue pendant la nuit, à grands coups d’poing laboure son lit
Y’avait un vieux dans l’bas du fleuve qui était caché dans l’fond d’un bas
Dans l’fond du Bas St-Laurent où c’est qu’y’en a qui passent par là








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Photo: Forillon - Parcs nationaux Canada






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20 juillet 2008

Le lac

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Image: C.E. Barre



...

Jamais de toute sa vie elle n'avait contemplé pareille beauté.  Les feuilles des arbres semblaient scintiller de tous les tons de rose et de vert. Les fleurs qui couvraient le sol, certaines toutes menues et d'autres qui s'ouvraient en gigantesques corolles, rivalisaient de couleurs magnifiques, des bleus, des roses, des lilas, des violets entrecoupés de mille reflets dorés et d'autres encore avaient des couleurs qu'elle n'aurait su décrire pour ne les avoir jamais vues auparavant. Le paysage était à couper le souffle. Féérique. L'air embaumait d'un parfum si délicat, si subtil qu'elle avait senti le besoin incontrôlé de fermer les yeux et d'inspirer à grandes bouffées cet air, pour en sentir toutes les nuances et s'en emplir les poumons. Alors qu'elle était encore subjuguée par la splendeur du paysage, son attention fut soudain attirée par de petits rires joyeux, semblables à des grelots, qui s'élevaient derrière elle. Elle se retourna.

Par dizaines, en gazouillant et en riant comme des enfants, semblant se matérialiser de nulle part sur la surface du lac, des anges arrivaient. Par groupe de trois ou quatre ou deux par deux,  puis ils s'envolaient aussitôt à tire d'ailes dans toutes les directions, passant au dessus d'elle.

Bien qu'elle se trouvât dans un monde qui lui était totalement inconnu, elle se sentit toute entière enveloppée d'un sentiment de douce euphorie. Elle se sentait heureuse, en sécurité.  C'était comme une vague d'amour qui la submergeait, une émotion si puissante, un amour presque maternel.  Elle s'en sentait enveloppée, transportée.  Elle réalisa alors que sans même sans apercevoir, elle s'était élevée légèrement et qu'elle flottait à présent à quelques centimètres au dessus du sol.

...



Extrait du chapitre 5 de …  La brèche.   

(À paraître prochainement dans une librairie près de chez-vous…)









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15 juillet 2008

Comme l'oiseau

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Photo: Le Danseur des Herbes par Serge Hänzi.

Merci.

http://www.nature-photo.ch/









Soyez comme l'oiseau posé pour un instant
Sur des rameaux trop frêles
Qui sent plier la branche, et qui chante pourtant
Sachant qu'il a des ailes...









Victor Hugo










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